Pour diffusion immédiate
Québec emboîte le pas aux actions internationales
et marche contre l'occupation de l'Irak, les guerres et la militarisation
Québec, le samedi 20 mars 2004 - A l'occasion du 1er anniversaire de l'agression armée contre l'Irak, les Coalitions Québec-Irak et Québec-Palestine, Commission Paix du Réseau du Forum social de Québec, ont organisé une conférence suivie d'une marche pour la paix en Irak et en Palestine et contre la militarisation du Canada.
Cest près de 1000 personnes qui ont participées à lensemble des activités. La journée a débuté par une exposition de photos prises par Robert Turcotte, présent en mission de paix à Bagdad lors de l'invasionl. Puis, une conférence mettant en vedette le syndicaliste Michel Chartrant a été présentée dans une salle bondée. La marche qui a suivi a traversé le centre-ville de Québec et sest rendue jusquen face du consulat états-unien pour terminer à la Place dYouville. Le tout sest déroulé dans lordre et a été marqué par des actions théâtrales et un fort enthousiasme de la foule présente.
En Irak, le gouvernement des États-Unis a nommé un « conseil de gouvernement provisoire » fantoche sans demander leur avis aux IrakienNEs. Onze mois après la chute de Bagdad, les forces d'occupation ont l'amentablement échoué à remettre en fonction l'électricité, l'eau potable et les communications. Avant l'invasion, il y avait, en Irak, 60 % de sans emplois. Aujourd'hui, il y en a 70 %. Actuellement, le gouvernement états-unien privatise les entreprises irakiennes rachetées essentiellement par les compagnies états-uniennes et britanniques. Les entrepreneurs irakiens ne peuvent les acquérir puisque ruinés par plus de douze années de sanctions économiques et interdits de soumissionner pour les contrats de reconstruction. Les arrestations « préventives » et arbitraires terrorisent la population à un point tel que plusieurs commencent à dire qu'ils étaient mieux sous le régime de Saddam Hussein. Les provocations de la « coalition » s'accentuent pour créer des conflits entre les différentes ethnies qui composent la mosaïque irakienne. Le pourrissement de la situation économique et sociale semble être une stratégie de l'administration Bush pour assurer la partition de l'Irak et la soumission du peuple.
Malgré son opposition « officielle » à l'invasion de l'Irak, il est maintenant reconnu que le Canada y a participé aux côtés des États-Unis et des autres membres de la « coalition » (1). Le Premier ministre Paul Martin et le ministre de la Défense nationale, David Pratt, tous deux favorables à une hausse de dépenses du budget de la « Défense », se sont rapprochés des États-Unis en ce qui concerne le bouclier antimissiles. La part du budget canadien allouée à des fins militaires est en hausse. Plus près de chez nous, dans la foulée du congrès « Défense Innovation », qui se tenait à Québec l'automne dernier, R & D pour la défense Canada - Valcartier et Pôle Québec ont signé, au mois de février, une entente de collaboration pour le développement d'un technopôle axé sur la « défense et la sécurité ». Ce secteur a été identifié par Pôle Québec, promoteur économique régional, comme l'un des secteurs à « haut potentiel ». Il va sans dire que le principal moteur de ce secteur est les États-Unis.
D'autre part, côté palestinien, l'occupation militaire israélienne - avec son lot d'assassinats, de destruction de maisons et d'arbres, de pillages de banques (!), d'arrestations arbitraires, d'emprisonnement, d'humiliations de tous genres - ne cesse pas. La construction d'un mur expansionniste, et illégale aux yeux de l'Assemblée générale des Nations Unies, a pour unique but de soumettre les PalestinienNEs aux diktats israéliens.
Depuis quelques mois, la position canadienne connaît un glissement pro-occupation extrêmement inquiétant. Les abstentions canadiennes lors des votes de l'Assemblée générale de l'ONU du 19 septembre 2003 (résolution exigeant qu'Israël, la puissance occupante, s'abstienne de procéder à toute expulsion et cesse toute menace à la sécurité du Président élu de l'Autorité palestinienne) et du 8 décembre 2003 (résolution demandant à la Cour internationale de Justice de rendre d'urgence un avis consultatif sur les conséquences, au regard du droit international, de l'édification du mur israélien) sont autant d'indices qui montrent une complicité canadienne dans l'occupation des territoires palestiniens. Ceci est d'autant plus scandaleux que le Canada ne reconnaît pas (du moins pas officiellement) l'occupation israélienne et demande l'application des résolutions de l'ONU dans le conflit israélo-palestinien.
Notons que ces nouvelles prises de position font suite à la « Middle East Proposal » présenté en juin 2003 par douze députés et sénateurs fédéraux libéraux (dont l'actuel Ministre de la Justice et procureur général du Canada, M. Irwin Cotler) (2) visant à faire reconnaître de facto l'occupation israélienne, à marginaliser un président démocratiquement élu et à assimiler l'occupation illégale des territoires palestiniens à la guerre contre le terrorisme !
Coalitions Québec-Irak & Québec-Palestine
Téléphone : (418) 521-4000
info@coalitionsquebec.org
www.coalitionsquebec.org/
-30-
(1) Lire le rapport de Richard Sanders de Coalition to Oppose the Arms Trade publié dans The Globe and Mail du 31 mars 2003.
(2) Pour lire l'intégralité de cette proposition, voir ce document (.rtf) en anglais :
www.irwincotler.parl.gc.ca/documents/middle_east_proposal_en.rtf